Et si on se déconnectait un peu plus en 2018 …

 

2018 est là ! Et comme chaque année, pour la plupart d’entre nous, c’est l’occasion de prendre de nouvelles résolutions. Pour ma part, j’aimerais suggérer une résolution qui sera pour beaucoup un gros challenge, à savoir, la déconnexion. Avant de me jeter des tomates ou des oeufs pourris à la figure, permettez-moi de préciser que je ne suis ni anti-techno, ni anti-réseaux-sociaux, ni anti-facebook, etc. … Je suis moi-même un utilisateur de ces outils qui facilitent largement la communication.

 

Mais alors qui voudrait se déconnecter ? « Déconnexion » semble si rétro, une sorte de déni de la réalité, on est au 21è s. ‘faut se réveiller ! Pourquoi quelqu’un se déconnecterait-il un peu plus en 2018 ? C’est certain, il ou elle acceptera le challenge de la déconnexion si il ou elle voit les bénéfices de cet acte volontaire et contre-culturel. Se déconnecter un peu plus, oui, pour récolter des bénéfices.

 

Et j’aimerais suggérer trois bénéfices d’une déconnexion intentionnelle de nos smartphones ou tablettes. Ces trois bénéfices de la déconnexion sont tous liés paradoxalement à un désir de se reconnecter.

  1. Déconnectons-nous pour nous reconnecter intellectuellement. Depuis quelques années, certaines études ont pointé du doigt les effets néfastes d’un usage trop intensif des écrans : diminution de la concentration, de la mémoire, recherche de gratification instantanée au détriment d’un effort dans le travail. Dans son ouvrage Deep Work : Rules for Focused Success in a Distracted World, Carl Newport expose les problèmes générés par l’abus de distraction numérique. Un exemple : il explique que notre cerveau n’est pas câblé pour effectuer plusieurs tâches en même temps (« multi-tasking », sic.). comme l’écriture d’une dissertation tout en ayant une conversation sur Messengers. En fait, être constamment interrompu (comme je viens de l’être à l’instant par un texto) bloque notre capacité d’effectuer un travail profond (ma traduction de « deep work »). Comment ? Quand nous passons de la tâche A à une autre tâche B, notre attention ne suit pas immédiatement – un résidu de notre attention demeure attaché à la pensée de notre tâche original. Ainsi, revenir complètement dédié à la tâche A après avoir effectué B peut prendre jusqu’à 20 minutes. L’interruption constante est un sacré frein à un travail efficace !

  1. Déconnectons-nous pour nous reconnecter relationnellement. Est-ce que cela vous est déjà arrivé ? Vous êtes en tête-à-tête avec un ami dans un café au milieu d’une conversation. Soudain, son téléphone, posé sur la table, notifie l’arrivée d’un texto. L’ami gêné prend son téléphone pour lire le message : « désolé.… continue, je t’écoute ! » Notre ami lit son texto en nous écoutant à moitié… Ou nous écoute-t-il vraiment encore ? Sherry Turkle, professeur de culture digitale au MIT, dans Reconquérir l’art de la conversation à l’heure du smartphone (Podcast France Culture), explique les changements qui sont intervenus avec l’arrivée des nouvelles technologies dans notre rapport à l’autre notamment en ce qui concerne la conversation. Dit simplement, avec la multiplication des écrans, on est ici et ailleurs en même temps. Elle continue : « L’omniprésence des écrans baladeurs est en train de créer un printemps silencieux des relations humaines ». Nous avons besoin de retrouver un environnement sain dans lequel de vraies conversations de coeur à coeur puissent se vivre.

  1. Déconnectons-nous pour nous reconnecter spirituellement. Ce n’est pas une surprise que les appels du pied du smartphone sont aussi des obstacles en ce qui concerne le développement de la vie spirituelle. Pour ceux et celles qui croient que l’être humain n’est pas juste un amas de cellules (un réductionnisme ontologique) mais aussi un être spirituel, les écrans nous empêchent de réfléchir sur les choses essentielles. Ne soyons pas naïfs, déjà à l’époque de la télévision (un autre écran !), le PDG de TF1, Patrick Lelay, déclarait que : « à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola à vendre son produit… Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. » On pourrait dire la même chose de Facebook aujourd’hui. Les réseaux sociaux sont un chewing-gum de l’esprit. Et un chewing-gum, c’est bon de temps en temps. Constamment, ça gâte les dents ! Nous avons besoin de « racheter le temps » pour rechercher la face de Dieu dévoilé dans les Écritures. Notre être spirituel en a besoin.

 

Pour se déconnecter concrètement, voici quelques conseils : 1) désactivons les notifications : soyons intentionnels, choisissons les moments où nous voulons « checker » Facebook ou répondre à nos emails au lieu de laisser la technologie nous les imposer… 2) définissons des zones blanches : que ce soit des espaces comme la maison ou la chambre, ou des plages horaires comme entre 20h et 9h, ces zones où le smartphone est en mode avion; 3) utilisons de « vieilles » technologies : certes les outils numériques sont très pratiques, mais pourquoi ne pas faire le choix de revenir au papier pour prendre les cours à l’université ou d’utiliser un agenda papier ?

 

Je suis sûr qu’il y a plusieurs autres bons conseils. J’ai surtout trouvé ceux-ci vraiment utiles pour apprendre à gérer mes temps de connexions.

 

Quels sont les vôtres ?

 

Please follow and like us: