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Voici les résultats d'un test effectué en milieu étudiant à Lille. Pour voir le questionnaire utilisé, cliquez ici .
L'étude
Les
sondages ont été faits à Lille, à
différents points fréquentés par les étudiants
(restaurants universitaires, bouches de métro sur les campus,
sorties de campus...), entre août 2007 et mars 2008.
Considérations générales
738 personnes ont répondu au sondage. La
moyenne de bonnes réponses est de 57% (ce qui est à
peine mieux que les 50% attendus pour des réponses données
au hasard pour ce genre de questionnaire binaire à réponse
oui/non). Les personnes interrogées ne connaissent donc que
très peu le contenu de la Bible.
408 personnes se disent d'éducation
chrétienne (soit plus de la moitié). Mais seulement 196
disent appartenir maintenant à une religion chrétienne
(à peine plus du quart). Il nous paraît donc intéressant
de distinguer ces deux populations dans l'analyse des résultats.
Les agnostiques (189) et les athées (218)
représentent respectivement environ un quart de la population
interrogée. Les musulmans (111) 15%.
Les autres religions ne représentent que 24
personnes, nous n'analyserons pas leurs réponses.
Pour ce qui est de la lecture de la Bible, très
peu l'ont lue entièrement (40, soit 5%). La majorité
(433, soit 59%) en partie, et 265 (36%) pas du tout.
Nous allons dans un premier temps regarder les
résultats en fonction des questions. Ensuite, nous essaierons
de voir quels critères influencent les résultats.
Résultats principaux
Le taux de bonnes réponses en fonction des
questions est reporté sur le graphique ci-dessous.
Globalement, on peut résumer le résultat
ainsi : les personnes interrogées ont conscience qu'il est
question, dans la Bible, d'une relation entre les humains et Dieu,
mais ils ne savent absolument pas comment la Bible décrit
cette relation :
-
Les questions suscitant le plus de bonnes
réponses sont les questions 3 puis 12. Ce sont deux phrases
qui soulignent la possibilité d'une relation avec Dieu, une
relation pour ceux qui la veulent (q3), une relation qui est intime
et qui est offerte au travers de Jésus-Christ (q12).
-
Les quatre questions qui suscitent plus de
mauvaises réponses que de bonnes réponses décrivent
cette relation :
-
Moins de 20% des personnes interrogées (c'est le pire résultat) savent que la Bible déclare
que, pour tous les humains, cette relation est rompue à cause
du mal qu'ils font (q7).
- Moins de 40% des personnes savent que la
Bible enseigne que l'on ne peut être réconcilié
avec Dieu qu'en plaçant sa confiance en lui : personne ne
peut se présenter devant Dieu grâce à son propre
mérite et ses bonnes œuvres (q1).
- 45% des personnes ne savent pas que Jésus
se déclarait être le seul
chemin vers Dieu (q5).
- Moins d'une
personne sur deux sait que la Bible enseigne que Dieu veut, pour que
la réconciliation ait lieu, que les homme se détournent
de leur mauvaise attitude (q10).
Influence de la lecture de la Bible
Le seul groupe qui se distingue réellement
(64% de bonnes réponses, contre 57% en moyenne) est celui qui
a lu la Bible entièrement. Lire la Bible en partie n'est pas
suffisant (57% contre 56% pour ceux qui ne l'ont pas lue du tout).
Et, effectivement, la Bible se présente comme un tout, des
morceaux extraits de leur contexte perdent beaucoup de leur sens.
En détaillant par question (graphique ci-dessous), on peut conclure
que :
-
Ceux qui ont lu la Bible entièrement
tombent moins dans le piège de la possibilité d'être
sauvé en faisant de bonnes œuvres (q1), sont beaucoup plus
conscients de la possibilité de trouver Dieu (q3), du rôle
important et exclusif de Jésus (q5) et de la gravité
et de l'universalité du péché (q7).
-
Ceux qui n'ont lu la Bible que partiellement
ont de plus mauvais résultats que ceux qui ne l'ont pas lue
du tout à la question 7 : très certainement, ceux qui
lisent la Bible partiellement se voient présenté (ou
sélectionnent) un choix de passages qui présentent
Dieu comme « le Bon Dieu » qui accepte tout le
monde, et pour qui le mal que l'on fait n'est pas si grave que cela.
Influence de l'arrière-plan religieux
En moyenne, les résultats sont les mêmes,
quel que soit l'arrière-plan religieux (entre 56 et 58% de
bonne réponse), avec l'exception notable des musulmans, qui
sont ceux qui répondent le mieux, avec une courte avance (60%)
!
Si l'on détaille les résultats en
fonction de la question et de l'arrière-plan religieux
(graphique ci-dessous), on constate des profils très
semblables (exception faite des musulmans).
On peut dire que les musulmans sont plus
conscients des notions de péché (q7), de jugement que
cela implique (q8), de la nécessité de la repentance
(q10) et de chercher Dieu (q3), qu'exprime la Bible. Ils sont
d'autres part conscients du rôle important de Jésus
(q5).
Par contre, ils imaginent, encore plus que les
autres, la Bible comme un livre où l'on mérite le
pardon de Dieu (q1), et ils sous-estiment l'intimité de la
relation que Dieu propose aux hommes (q12). Enfin, ils croient que la
Bible enseigne que le bien et le mal sont rétribués sur
terre (q9), alors que la Bible présente plutôt cette
rétribution dans l'au-delà, puisqu'elle conçoit
que les fidèles souffrent et que les infidèles aient
une vie heureuse.
Conclusions
Les étudiants lillois connaissent très
peu la Bible. Ils sont conscients que la Bible parle de relation
entre Dieu et les hommes, mais ils ne connaissent pas le « mode
d'emploi » de cette relation que la Bible propose.
L'arrière-plan religieux ne modifie pas
vraiment les résultats ; tout au plus, les musulmans
connaissent-ils mieux certains aspects de la Bible et en ignorent-ils
plus d'autres.
Le seul moyen de connaître mieux la Bible
reste donc de la lire par soi-même, et de la lire
intégralement, une lecture partielle n'améliorant rien,
et, pour certaines questions, empirant les choses.
Une question intéressante pourrait être
posée : le fait de lire la Bible plusieurs fois change-t-il la
donne ? En effet, les auteurs bibliques demandent que la Bible soit
méditée, réfléchie. L'an prochain, il
faudra ajouter cette question, en espérant que suffisamment
d'étudiants l'auront lue en entier plusieurs fois pour que
l'échantillon soit représentatif...
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