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L'enfer : nature et réalité


Une question troublante

Que de fois cette question a troublé des chrétiens qui réfléchissent : comment peut-il y avoir un enfer ? Comment un Dieu d'amour peut-il condamner les hommes à l'étang de feu ? Comment concilier la colère et la miséricorde chez le Père de notre Seigneur Jésus-Christ ? La réponse que je vous propose risque de vous surprendre.

Amour et colère, une seule réalité

Le feu vengeur de l'enfer fait partie de Dieu. C'est une partie intégrante inéluctable de Sa nature, car ce sont exactement les mêmes flammes qui brûlent dans l'amour au céleste royaume. Si Lucifer et ses armées, puis les hommes séduits par lui, ne s'étaient pas détournés du royaume de la lumière de Dieu vers le royaume de son feu, nul n'aurait jamais connu ni éprouvé le caractère féroce et infernal de ces flammes. Des êtres faits pour vivre en union avec le Père des lumières, au sein de la beauté et des bénédictions célestes, ont ainsi décidé, de leur libre choix, d'éteindre la lumière et de se plonger illicitement au sein des forces obscures et féroces de l'indépendance personnelle. Ils se retrouvent désormais sous l'emprise irrésistible et les tourments de leur orgueil, de leur colère et de leurs passions, consumés par leurs propres convoitises cependant jamais satisfaites dans les brûlures jamais adoucies de la roue tourbillonnante de leurs désirs en conflit. Ce tumulte et cette rage sont pourtant encore en eux l'impulsion de Dieu, mais Dieu dans sa colère et non Dieu dans sa miséricorde.

La part de l'enfer en nous

La nature de tout être : ange, démon (ange déchu) ou homme, n'est qu'une flamme du feu central et se nourrit éternellement de cette source brûlante. Mais envers ceux qui pratiquent la miséricorde, il se montre miséricordieux dans le doux feu de l'amour, tandis qu'avec les pervers, il agit selon leur perversité, feu consumant de colère brûlant dans l'orgueil, la malice et la rage de ces personnalités perverties. Tel est l'enfer.

Ciel et enfer

Tout autant que le ciel, l'enfer est une partie de l'inéluctable nature des choses ; car le ciel et l'enfer sont en réalité les deux faces d'un même élément éternel : feu consumant de la vie qui est la nature de Dieu, qui brûle dans l'amour ou la colère, suivant que nous nous plongeons nous-mêmes dans l'un ou dans l'autre.

Dieu n'a pas fait l'enfer. Dieu a seulement fait le ciel et toutes choses pour qu'elles aient la nature du ciel. Lucifer et ses disciples en rébellion ont fait, en se coupant eux-mêmes de la bonté et de l'amour célestes, la découverte du brasier inconnu et caché qui est la source de la lumière céleste, roue ardente de la nature propre fondamentale de Dieu. C'est cela qui est alors devenu leur royaume, le feu de leur enfer, à la fois en eux-mêmes et dans leur sphère d'activité : cette terre qu'ils ont corrompue. Ils ne peuvent connaître qu'un Dieu de colère et de jugement, de violence et de fureur, un Dieu de vengeance, de tempête et de destruction.

Nature de l'enfer

L'enfer est ainsi devenu, non tant un lieu qu'une manière d'être. Partout où le moi rebelle domine, c'est l'enfer : c'est là que brûle la colère de Dieu. Au-dedans, là où les flammes de l'emportement, de la haine, de la malice et de la convoitise font rage dans l'âme, là est l'enfer ; au-dehors, là où la guerre, la rapine, la maladie et la mort étendent leur marche sournoise, là aussi se trouve l'enfer. Tout cela est encore le royaume de Dieu, mais c'est le royaume du courroux de Dieu ; tous y seront encore les enfants de Dieu, mais les enfants de la colère de Dieu.
Ici-bas le mélange, pas après...

Sur notre terre, la miséricorde est mêlée au courroux, car nous sommes encore dans un temps de probation et de salut. Deux royaumes sont en lutte au-dedans et autour de nous, celui des ténèbres et celui de la lumière. Toutes choses comprennent du bien et du mal mélangés. S'il y a des épines, il y a aussi des roses ; s'il y a la nuit, il y a aussi le jour ; s'il y a des poisons, il y a aussi des mets nourrissants et sains. Mais la nuit vient, l'éternelle obscurité, où habitent déjà les anges apostats et où aucun signe de pitié ne se mêle, comme sur la terre, aux fruits de la colère ; ni soleil, ni fleur, ni fruit, rien de beau ni d'amical parmi les créatures, mais seulement les rouages angoissants d'un individualisme insatiable et apostat, la fureur, l'égoïsme, les passions inassouvies des hommes et des anges définitivement fixés dans une personnalité de démons.

Forme ultime de l'enfer

C'est l'enfer sous sa forme ultime : la demeure éternelle que s'est taillée dans les ténèbres du dehors, la libre volonté d'êtres libres qui ont préféré le royaume du moi au royaume de Dieu, et qui se sont obstinés dans leur choix. Est-ce l'enfer de Dieu ? Oui, car tout est à Dieu. Un tel enfer est-il dans le plan de Dieu, dans sa volonté et en est-il l'œuvre ? Mille fois non. Ce qui a amené l'enfer à l'existence, c'est la pénétration illicite dans un domaine de forces qui, en Dieu et en ses créatures, n'existent que pour être en universelle bénédiction, et c'est la perversion de ces forces pour des fins égoïstes. La conséquence en est que l'harmonie s'est transformée en discorde, la paix en guerre, l'amour en haine, la joie en douleur, constituant les éléments même de l'état infernal.

Tiré de " La loi de la foi" (Norman Grubb, 1947)


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

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Calvin : 1509 - 2009 (5)
Institution chrétienne : les thèmes majeurs

1er livre :

Le premier livre est intitulé : De la connaissance de Dieu en tant que souverain créateur et gouverneur du monde. La création, la nature porte la marque, l'empreinte de son auteur, et c'est un devoir religieux de l'étudier, d'apprendre à en connaître les lois admirables : les cours réguliers des astres, le développement de la vie des plantes et des animaux, et l'homme, le chef d'œuvre de la création. Dieu étant la grande réalité qui domine et pénètre tout, notre vie est entre ses mains et il fait servir toutes choses à notre bien, à notre éducation spirituelle. Ses bienfaits nous disent sa bonté et sa fidélité, tandis que nos épreuves sont une école salutaire par laquelle il faut passer pour être détachés du mal, et formés à la patience, à l'obéissance et à l'espérance des choses les meilleures que Dieu a préparées pour nous dans l'au-delà. La grande preuve, le témoignage suprême de la fidélité de Dieu, c'est le don qu'Il a fait à l'humanité corrompue, incrédule, mauvaise, d'un Sauveur en la Personne de Son Fils.

2ème livre :

Le sujet du second livre est : Dieu en tant qu'Il est notre Rédempteur en Jésus-Christ. L'œuvre de la rédemption a été préparée dans l'Ancienne Alliance par la Loi, qui nous révèle la miséricorde de Dieu, celui qui, par pure bonté, fait grâce aux coupables et les appelle à sa connaissance et à son service. Jésus-Christ, Fils de Dieu et fils de l'homme, ayant vécu, ayant souffert et donné sa vie pour nous sur la croix, nous a acquis par ses mérites infinis le salut dont nous sommes indignes. Qui sommes nous que nous soyons l'objet de la grâce de Dieu, de son élection gratuite ?

3ème livre :

Le troisième livre traite de : La manière de participer à la grâce qui est en Jésus-Christ, c'est-à-dire de l'œuvre du Saint-Esprit. C'est Dieu qui prend l'initiative de nous appeler à la foi, de nous donner la foi, de nous justifier, c'est-à-dire de nous accorder la rémission gratuite de nos péchés, sans aucun mérite de notre part. Et s'il le fait, c'est dans le but de nous régénérer, de nous renouveler entièrement et de nous sanctifier par son Esprit, de nous conduire, en détruisant en nous l'orgueil et l'incrédulité, à une vie qui soit une ascension vers la justice et la charité, un service véritable de Dieu et du prochain.

4ème livre :

Le 4ème livre traite : Des moyens dont Dieu se sert pour nous convier à Jésus-Christ. Dieu nous aide dans notre faiblesse en établissant sur la terre son Église, le corps de Christ, la mère des fidèles, qui les nourrit de la substance de l'Évangile, de la Parole divine. Cette Église s'est corrompue du fait de la malice et de la perversité des hommes, mais Dieu l'a réformée et ceux qu'elle appelle doivent lui demeurer fidèles, par une franche et publique manifestation de leurs convictions.

Quant à l'État, le gouvernement politique, il fait régner l'ordre et la paix dans le monde, en réprimant les vices et les hérésies, et il doit soutenir l'Église, le gouvernement spirituel, dans son œuvre d'éducation et de consolation des âmes.

Telle est très brièvement résumée la trame de ce grand livre, synthèse unique et admirable des enseignements de la révélation divine.

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La preuve par la négative

La preuve par la négative

Il y a, nous le savons, différentes manières de prouver l'existence d'une chose. Si la manière la plus simple est de la montrer, on sait que, suivant le lieu où l'on se trouve, la chose n'est pas toujours possible. Il y a quelques années, un tchadien est venu habiter dans les Vosges. Il avait déjà entendu parler de la neige, mais, pour la première fois, il la vit tomber du ciel. La neige existait depuis toujours, mais dans son contexte, il était quasiment impossible de lui en apporter la preuve physique.

Si l'on ne peut pas apporter la preuve de l'existence d'une chose par la démonstration, il nous reste, certes à un degré moindre, une autre possibilité. C'est de la prouver en quelque sorte par la négative, c'est-à-dire par le fait que, privé d'elle, on se rend en quelque sorte compte de son existence. Telle est, par exemple, la preuve qu'est la mort pour l'existence de la vie. Le mort ne dit rien, ne respire plus, ne communique plus. Quelque part son état témoigne du fait que quelque chose l'a quitté. Ce quelque chose est la vie. Si, quelque part, il existait un univers dans lequel il nous faudrait prouver l'existence de la vie, la vue d'un mort, certes, ne serait peut-être pas suffisante. Mais cette vue, comme le négatif d'un film, recèlerait en elle-même cependant un embryon de preuve. Elle témoignerait de l'état dans lequel un être se trouve lorsqu'il est privé de la vie.

Absence de Dieu

Je ne suis ni le premier, ni le dernier à penser que le monde dans lequel nous vivons, tel un mort, est de façon criante la preuve par la négative de l'existence de Dieu. C'est au philosophe Pascal que l'on attribue le plus souvent cette pensée célèbre : Il y a dans le cœur de tout homme un vide en forme de Dieu. La proposition de Pascal n'est ici pas autre chose qu'une démonstration par la négative.

Avant lui, un autre croyant, Saint Augustin, utilisera dans ses Confessions la même méthode de démonstration. Je vous propose ici d'en méditer un extrait :

" Il se trouve dans les vices mêmes une image obscure, ou plutôt une ombre des biens solides qui trompe les hommes par une fausse apparence de beauté. Ainsi l'orgueil n'a pour but que la grandeur et l'élévation : mais vous seul, mon Dieu, êtes souverainement élevé au-dessus de toutes choses. L'ambition aspire aux honneurs et à la gloire : mais vous seul méritez un honneur suprême et êtes environné de gloire dans l'éternité. La cruauté des tyrans ne tend qu'à se faire craindre : mais qui mérite d'être craint que vous seul, mon Dieu, dont le pouvoir absolu comprend si généralement tous les temps, tous les lieux et toutes les créatures... L'amour infâme se veut rendre agréable par ses caresses : mais il n'y a point de douceur ni de tendresse égale à celle de votre amour... La curiosité veut passer pour la science, parce qu'elle désire tout savoir : mais vous seul, mon Dieu, savez tout, et rien n'est caché à votre lumière... La paresse semble ne désirer que le repos : et où se trouve le repos assuré et véritable que dans le Seigneur ? Le luxe et la superfluité veulent passer pour richesse et abondance : mais vous êtes seul la source abondante et inépuisable d'une douceur toute céleste et incorruptible. La profusion veut paraître libérale et magnifique ; mais c'est vous qui répandez toutes sortes de biens sur les hommes avec une libéralité et une magnificence vraiment divines. L'avarice veut posséder de grands trésors : et vous les possédez tous. L'envie dispute de la prééminence et de l'excellence : et qu'y a-t-il d'éminent et de sublime qui ne soit bas en comparaison de vous ?...

Ainsi l'âme devenant adultère se sépare de vous qui êtes son Époux unique pour s'abandonner à l'affection des créatures, et elle s'efforce de trouver hors de vous les biens qu'elle ne peut posséder tout purs et sans mélange que lorsqu'elle retourne à vous. ".

Témoignage

Rien n'est sans doute plus difficile pour le croyant en Jésus-Christ d'établir la preuve qu'il a trouvé, dans la relation spirituelle qu'il a avec Lui, la réponse à toutes ses aspirations. Pour ma part, je peux en témoigner. Je savais ce à quoi mon cœur insatisfait aspirait. Ce que je ne savais pas, c'était où se trouvait la Source à laquelle je devais puiser pour étancher ma soif. Jésus l'a dit à une femme qui avait connu 5 maris et qui vivait en concubinage avec un 6ème homme : " Quiconque boit de cette eau aura encore soif. ". Jésus lui dit en quelque sorte que tout son parcours est la preuve par la négative qu'en-dehors de Dieu, elle ne saurait trouver ce après quoi son cœur soupire. Il lui dit aussi : " Mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura jamais soif. ". En plus de la preuve par la négative, Jésus se présente comme la Source même à travers laquelle ce à quoi son cœur aspire peut avoir accès. Aucun être plus que Jésus n'a démontré de visu ce que cela signifie que d'avoir une vie pleine de sens, de bonheur et de signification. Il est par l'affirmative ce que nos échecs, nos frustrations, nos souffrances sont par la négative : la preuve que c'est en Dieu seul que peuvent être comblées toutes nos aspirations.

Je ne sais ce à quoi, au travers du dédale de vos expériences, vous soupirez, ni ce que vous recherchez. Sachez seulement que tout ce que vous trouverez ne peut être que l'ombre, le négatif de ce que Dieu seul par Jésus-Christ peux vous apporter. " Je suis venu, dit Jésus, pour que mes brebis aient la Vie et qu'elles l'aient en abondance ! ".


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Les temps sont durs...

Les temps sont durs...

Il n'est point nécessaire d'être un grand analyste pour le reconnaître : quelque chose s'est déréglé dans ce monde. Tous les jours, on le constate un peu plus. Hier, c'était la crise qui commençait avec ses scandales financiers, ses entreprises qui font faillite, le chômage qui grimpe à la vitesse grand V... Puis c'est la menace de pandémie de grippe, les nouveaux virus, un tremblement de terre meurtrier ici, des inondations par là... Les mauvaises nouvelles s'enchaînent les unes après les autres plongeant le monde dans l'inquiétude. Dans quel état sera-t-il, ce monde, dans 10 ans, 5 ans, voir quelques mois. Bien malin celui qui pourrait le dire !

Les temps sont durs... et ils le deviendront de plus en plus. Ce n'est ni un analyste politique, ni un devin quelconque qui le dit. C'est, depuis près de 2 000 ans, une parole de la Bible. Anticipant notre époque qu'elle qualifie de " derniers jours ", la Bible dit : " Sache bien que dans la période finale de l'histoire, les temps seront difficiles... " Curieusement cependant, lorsqu'elle parle de ce qui sera difficile, la Bible ne cite ni l'effondrement du système économique, ni les risques pandémiques, ni les catastrophes écologiques. Ce qui rendra difficile les derniers temps, dit-elle, sera l'égoïsme des hommes, leur cupidité, leur arrogance, leur dureté de cœur, leur violence, leur orgueil démesuré, leur amour du plaisir, de la " défonce ", de la fête... et surtout leur abandon de Dieu.

Si les temps sont durs, c'est donc d'abord et avant tout parce que, pour la majorité, nous le sommes devenus. Nous avons rejeté Dieu, affirmant que nous voulons être libres et mener notre vie comme nous l'entendons. Nous refusons de nous remettre en question, trouvant toujours ailleurs et chez les autres les causes de nos malheurs. Nous ne sommes ni mauvais, ni coupables, mais tous des victimes. Le problème cependant est que ce qu'un homme sème, il finit toujours par le récolter...

Un cœur nouveau

" Vous avez sans doute raison, pensez-vous en me lisant. Le problème général du monde est d'abord un problème individuel. Chacun pour sa part participe à ce qui ne vas pas. Mais que voulez-vous ? On ne se change pas soi-même. Et quand bien même on ferait des efforts dans ce sens, ils sont couronnés de si peu de succès qu'on se demande s'ils en valent la peine. ".

Comme je vous comprends ! Je vous pose cependant la question : que faites-vous lorsque vous apprenez que vous êtes malade ? Vite, vous vous empressez d'aller voir votre médecin pour qu'il vous prescrive le remède qui mettra fin à votre pathologie. De plus, vous le savez, plus le mal est grave, plus il nécessite un traitement radical. Et, dans ce domaine, plus on agit vite, mieux on s'en porte rapidement...

Si la Bible établit le diagnostic de ce qui ne va pas dans la société, elle ne se limite pas à cela. Oui ! C'est bien le cœur de l'homme, avant le système du monde, qui doit être changé. Car c'est du cœur de chacun de nous, dit Jésus, que proviennent les pensées mauvaises qui mènent à l'immoralité, au vol, au meurtre, à l'adultère, à l'envie, la méchanceté, au vice, à la jalousie, l'orgueil... Avant tout changement de système, c'est d'un cœur nouveau dont chacun a besoin. Or, ce cœur nouveau est, dit la Bible, justement ce que Dieu nous offre par Jésus-Christ !

S'il y a une Personne dans le monde en qui la dureté de cœur n'existait pas, c'était Jésus. Tous, croyants et incroyants, le reconnaissent : Jésus est l'expression même de l'amour vrai, gratuit, désintéressé. Si Jésus est si différent de nous, c'est uniquement dû au fait qu'il est habité par une autre nature. Rien dans son cœur n'est contaminé par le mal. Le but de la venue de Jésus dans ce monde, dit la Bible, n'est pas de nous accuser mais de nous sauver. Ce qu'il nous propose, c'est un échange, une sorte de transplantation cardiaque. La table d'opération où a lieu cet échange est la croix où il meurt. Là, dit la Bible, Il prend sur Lui, à son compte, toutes les vilenies qui habitent en nous. Il meurt pour elles et, en échange, Il nous offre l'Esprit et la vie qui faisait battre son cœur.

Voulez-vous être une personne nouvelle, posséder un cœur et un esprit nouveaux ? Tournez-vous vers Jésus. Reconnaissez votre état misérable et invitez-le à venir habiter dans votre vie. Celui qui appartient à Jésus-Christ, dit la Bible, est une nouvelle créature : ce qui est ancien a disparu. Voici : ce qui est nouveau est déjà là ! N'y aspirez-vous pas ?


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Ex-actrice porno et prostituée
Enfance

Lorsque j'étais petite, j'avais un caractère bien trempé, et tout plein de rêves. Je suis née en 1968 et j'ai grandi dans le sud de la Californie. Ma famille fréquentait alors l'église, et j'aimais bien entendre parler de Jésus. Quand j'ai eu neuf ans, les choses ont cependant changé : nous avons déménagé dans une autre ville, laissant tout derrière nous. Mes parents ne retournèrent plus à l'église et notre temps «en famille» se passait devant la télévision. Je me souviens de certaines des émissions diffusées à l'époque : The Love Boat, Three's Company, et Gilligan's Island, entre autres. Ma mère disait que la télé était la « gardienne d'enfant » idéale.

Je me suis toujours sentie différente des autres enfants. J'aimais écrire des poèmes et des histoires. Cependant, je n'avais aucune activité où déverser mon trop-plein de créativité, et inconsciemment, ça me frustrait ; mes parents étaient très occupés, et n'avaient pas le temps de m'inscrire à des cours d'arts dramatiques, par exemple. Une de mes enseignantes disait pourtant que j'avais un talent exceptionnel ; elle croyait même que je deviendrais une star d'Hollywood.

Abus sexuels et conséquences

C'est également vers l'âge de neuf ans qu'une amie et son frère adolescent m'initièrent à la sexualité. Je n'y comprenais pas grand-chose, et même si j'aimais qu'on me donne de l'attention, ça ne me mettait pas complètement à l'aise non plus. Ce n'est que bien plus tard que j'ai réalisé qu'il s'agissait en fait d'abus sexuels. Plus tard, je me suis mise à convoiter l'attention des garçons : mon adolescence s'est révélée une suite interminable de disputes entre mes parents et moi. D'un côté, ma mère criait toujours, et mon père ne semblait nullement s'intéresser à mon sort. J'aurais bien aimé qu'ils me disent « Shelley, on t'aime ! », mais ça n'est jamais arrivé. Mes parents se résignèrent donc à faire des compromis afin de maintenir un climat de paix à la maison : ils m'autorisèrent à fréquenter n'importe qui, et me laissèrent même me déguiser en « Playboy Bunny » à 15 ans pour aller à une fête. Je sortais dans les discothèques et je buvais tout le temps, en plus d'essayer toutes sortes de drogues. Mes parents, excédés, ne savaient plus quoi faire pour m'aider. Ils m'ont mise à la porte quand j'ai eu 18 ans. Je me suis retrouvée seule dans la Vallée de San Fernando, le ventre vide et sans un sou en poche. C'est alors que j'ai rencontré un gentil monsieur, qui disait vouloir m'aider. Il me donnerait de l'argent si je consentais à passer une heure avec un homme qu'il connaissait. J'étais toujours enragée par le fait qu'on m'ait jetée à la rue, et je me foutais bien du monde entier. J'ai accepté l'offre de l'homme, et la somme fixée : 35 dollars. Le monde de la prostitution m'ouvrait ses portes...

Prostituée et streap-teaseuse

Peu après, j'ai fait la rencontre d'une tenancière de bordel qui m'a enseigné tous les trucs du « métier », et comment manipuler les hommes. Au début, j'étais flattée par le fait de recevoir de l'argent, des bijoux et des cadeaux. Cependant, c'est rapidement devenu un genre d'esclavage : des clients exigeaient des faveurs sexuelles étranges, déchiraient volontairement leur condom, ou me suivaient dans la rue, par exemple. Un homme a même tenté de m'écraser avec son camion ; un autre a menacé de me tuer si je lui refusais certaines faveurs ; je devais toujours mentir afin de me sortir du pétrin. Aussi, l'art de bien mentir est un préalable pour toute jeune fille qui veut survivre dans l'industrie du sexe. Ce genre de vie m'épuisait et me dégoûtait, et le fait d'avoir grandi dans une famille religieuse ne changeait rien pour moi. Dieu m'abandonnait, et je devais me débrouiller toute seule.

Cette vie de prostitution et de strip-tease dans les clubs dura huit ans. En plus, je me suis retrouvée trois fois enceinte d'un client, ça me torturait l'esprit : « Comment j'ai pu laisser cela arriver ? ». J'ignorais l'identité des « pères ». Les deux premières fois se sont terminées en fausses couches, et la troisième, j'ai accouché d'une belle petite fille que j'ai appelée Tiffany. J'avais alors 20 ans. Par la suite, j'ai tenté de ne m'en tenir qu'à danser nue, mais comme jeune mère monoparentale, j'avais besoin d'argent, et la prostitution rapportait beaucoup plus.

Autres dépendances...

Assommée par la drogue et l'alcool, je négligeais tout le temps ma fille. Je l'enfermais dans sa chambre ou je l'envoyais au parc, munie d'un téléavertisseur, lorsque je recevais des « visiteurs ». Ce n'était qu'une enfant, mais elle comprenait bien que sa mère n'était pas tout à fait normale. Je me rendais bien compte que ma vie n'était qu'un lamentable échec; je n'avais aucune estime de moi et je me détestais d'être une si mauvaise mère. Afin de fonctionner, je carburais à l'alcool. Souvent, je me retrouvais assise dans un coin, bouteille à la main, en train de supplier Dieu de me délivrer, mais j'avais l'impression de parler dans le vide.

Actrice X

Alors que le cauchemar continuait, j'ai reçu une offre pour tourner dans un film pornographique. Je croyais que je pourrais faire plus d'argent, et ça m'apparaissait plus sécuritaire que la prostitution. Beaucoup de prostituées que je connaissais se faisaient agresser ou finissaient en prison, et je ne voulais pas qu'une telle chose m'arrive. Il faut aussi dire qu'en tant qu'alcoolique et toxicomane, je n'avais pas vraiment les idées claires. Lorsque je me suis pointée au studio, j'ai entendu une voix dans ma tête qui disait: « Shelley, je vais faire de toi une vedette, tout le monde t'aimera » ! Une espèce de puissance se dégageait alors de moi et me permettait de « jouer » à un niveau d'intensité extrême, mais quand la scène finissait et que le directeur de plateau hurlait « Coupez ! », la honte et le sentiment de dégradation totale étaient plus forts. J'aimais pourtant cette nouvelle popularité, qu'on me dise que j'étais la « meilleure », mais en même temps, je haïssais cette sexualité brutale. J'ai ensuite joué dans des films de plus en plus hard, et mon besoin de doses massives d'alcool et de drogues augmentait proportionnellement. C'est comme si je devais prouver quelque chose à tous ceux qui m'avaient fait du mal. Pour moi, l'industrie de la pornographie devenait ma nouvelle famille, mais je ne savais pas qu'appartenir à cette famille coûtait si cher. En effet, ce qui restait en moi de beauté et de féminité fut sacrifié sur les plateaux de tournage...

MST

L'industrie de la pornographie n'a aucune réglementation en ce qui a trait au port du condom. J'ai ainsi risqué ma vie, car les ITS (infections transmises sexuellement) sont monnaie courante chez les acteurs. En mai 2004, l'organisme Adult Industry Medical Foundation (AIM), qui propose des tests mensuels de dépistage du VIH, annonçait que cinq acteurs étaient infectés. Heureusement, j'ai eu plus de chance qu'eux. Par contre, j'ai contracté l'herpès génital, et à cette époque, il n'y avait aucun recours. Depuis la mise sur pied de AIM, il semble que le risque de contracter le VIH a chuté, mais en réalité, les acteurs continuent à s'exposer au danger. Selon Sharon Mitchell, fondatrice de AIM et elle-même ex-actrice porno, 7% des acteurs seraient infectés par le VIH. En ce qui a trait à la chlamydia, la gonorrhée, la syphilis et les hépatites, le taux oscille entre 12% et 28%. L'herpès génital se situe autour de 66%. Les personnes infectées se font prescrire de l'acyclovir afin de traiter l'herpès, mais d'autres types d'ITS ont la vie dure : on trouve ces bactéries partout, sur les surfaces plates, ou les mains, par exemple. «Sans faire de mauvais jeux de mots, la chlamydia, on a en plein le c... » déplore Sharon Mitchell. Rien n'est plus horrible que d'apprendre que l'on souffre d'un mal incurable. J'ai tenté de me suicider, mais ça n'a pas marché. La vie m'écœurait, et mon seul réconfort se trouvait dans l'alcool. J'ai même demandé à Jésus de me sauver, mais je retombais toujours. Peu après avoir contracté l'herpès, j'ai arrêté les films, mais afin de survivre, j'ai dû refaire de l'escorte.

Garrett

En 1994, j'ai rencontré dans un bar un jeune homme qui s'appelait Garrett. Il avait 22 ans, et semblait bien innocent à mes yeux. Il était gentil, mais je lui ai fait comprendre que sortir avec moi coûtait de l'argent... Il prétendait qu'il aurait besoin de mes « services » pour une fête ; je lui ai donc laissé ma carte. Par la suite, il m'appelait souvent pour m'inviter à sortir mais je refusais tout le temps, j'abhorrais les hommes. Plus tard, j'ai fini par accepter une de ses invitations, et nous sommes devenus bons amis. Peu à peu, mon cœur meurtri s'ouvrait à lui. Curieusement, je ressentais une étrange douleur physique dans la poitrine lorsque Garrett tentait de se rapprocher de moi (comme dans le film de noël The Grinch avec Jim Carrey, regardez la fin, vous comprendrez). J'ai essayé de garder mes distances, mais c'était très difficile, parce qu'avec Garrett, c'était comme si je redevenais une petite fille. Il venait chez moi et on jouait à des jeux de société, tout en bavardant. Un soir, nous avons même parlé de Dieu : tout comme moi, Garrett venait d'une famille croyante. Drôle de coïncidence pour deux personnes qui se rencontrent dans une taverne... Il savait que j'étais une prostituée, et il m'aimait quand même ; il voulait m'aider à me sortir de là. Nous nous somme mariés le 14 février 1995. Notre nouvelle vie à deux commençait bien mal cependant : Garrett avait la mauvaise habitude d'aller au travail sous l'effet de la drogue... Son patron l'a congédié. Nous avons eu recours à l'aide sociale, et la tentation de retourner à mon ancien style de vie devenait très forte ; c'est alors que Garrett décida de s'engager dans l'armée. Après son entraînement, c'était un nouvel homme, bien libre de sa dépendance aux drogues. Nous sommes donc déménagés sur la base de Fort Lewis, dans l'État de Washington. J'étais alors enceinte de notre fille Teresa. J'ai réussi à arrêter de boire pendant ma grossesse, mais pas plus longtemps.

J'étais toujours hantée par les souvenirs de tous ces gens qui avaient profité de moi. La douleur devenait insupportable, et je buvais de plus en plus. J'ai obtenu un rendez-vous à la clinique de la base militaire et par la suite, on m'a appris que je souffrais de plusieurs maux : trouble bipolaire, dépression, trouble obsessionnel-compulsif, alcoolisme, syndrome post-traumatique. Le médecin m'a prescrit du zoloft et du lithium, en plus de vidéos sur « comment gérer ses émotions ». Ces cassettes me rendaient folle ! En plus, on m'a diagnostiqué un cancer du col de l'utérus, je devais subir une opération d'urgence ; les conséquences de mon passé me rattrapaient...

Espoir

En tant que croyants (même si nous étions loin d'être des saints) nous cherchions une église où aller. C'est alors que nous avons découvert le Champion's Center, à Tacoma. C'est là que j'ai appris qu'il était possible de surmonter n'importe quelle épreuve, parce qu'avec Dieu, tout était possible. Dieu nous aimait, pouvait faire de nous de nouvelles personnes, et nous délivrer de notre ancienne vie. J'ai grandi dans une famille « chrétienne », mais je n'avais jamais rien entendu de pareil ! Je m'accrochai à cet espoir. En novembre 1999, notre fille Abigail est née, et malgré le fait que j'avais encore bu pendant la grossesse, la petite était en pleine santé. Je suis devenue totalement sobre en avril 2000, ma dépendance à l'alcool s'est arrêtée après la naissance d'Abigail. Ma perception de la vie commençait à changer; je m'intéressais à Dieu et à la Bible, et je voulais apprendre à devenir une femme « normale ». Je voulais tout savoir : comment être une bonne mère, comment faire le ménage, le lavage, etc. C'est comme si je recommençais ma vie à zéro. Je passais même des heures dans les supermarchés à écouter en cachette des dames qui s'échangeaient des recettes, afin d'apprendre à cuisiner !

Une nouvelle femme

J'ai aussi commencé à mettre les principes de Dieu en action dans ma vie et à m'entourer de bonnes personnes. C'était le bonheur pour la première fois en 13 ans ! Je suis devenue très habile en conception web, et je me suis lancée en affaires dans ce domaine. J'ai repris les études, et je décrocherai bientôt un baccalauréat en théologie ! J'avais vraiment décidé de suivre Dieu de tout mon cœur, et tout ce que j'entreprenais fonctionnait. « Fais de l'Éternel tes délices, et il te donnera ce que ton cœur désire » (Psaumes 37 : 4). Huit années après être entrée pour la première fois au Champion's Center, je suis devenue une nouvelle femme, passionnée par la vie. Au fil des ans, Dieu m'a complètement guérie, mentalement et physiquement. Me confier en lui a transformé ma vie ! Aussi, après des années de prostitution et de films pornographiques, j'avais perdu la capacité de fonctionner normalement sur le plan sexuel ; ma féminité en avait pris un coup. Maintenant, tout va bien, c'est vraiment un miracle ! Le cancer et l'herpès ont également disparu (je devais faire partie, sur la base militaire, d'une étude sur les femmes enceintes atteintes d'herpès génital, et ma candidature a été refusée, les tests étaient négatifs).

Ma famille

Ma vie de couple avec Garrett va mieux que jamais; je suis tellement fière de ma famille ! Garrett a un très bon emploi, je peux rester à la maison et jouer mon rôle de mère. Nos trois filles désirent suivre Dieu de tout leur cœur. Tiffany, qui a maintenant 18 ans, m'a pardonnée, et partage maintenant son histoire avec d'autres jeunes. Elle veut maintenant devenir éducatrice et se porter au secours des adolescents en difficulté. Comme vous pouvez le voir, Dieu a de bonnes choses en réserve pour chaque être humain. Oui, j'ai dû passer à travers des années de cheminement, et recommencer à partir de rien ; j'avais le choix de croire aux promesses de Dieu, ou de rester où j'en étais. Je sais maintenant qu'il m'appelle à communiquer aux autres son message d'espoir et d'amour inconditionnel. Jésus est venu afin de nous délivrer de tout ce qui nous rend captifs, et je veux prouver au monde entier qu'il peut transformer même la pire des personnes ! Il nous lance l'invitation, c'est à nous de l'accepter : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez du repos pour vos âmes. » (Matthieu 11 : 28). Pendant des années, j'ai vraiment cru que je trouverais le bonheur dans le regard des hommes, la popularité et les choses matérielles, mais j'étais toujours malheureuse. Aujourd'hui, ce vide est comblé, et j'ai finalement trouvé la vie que je recherchais tant. Jésus est cette source de vie, pourquoi ne pas lui faire confiance ? Je suis la preuve vivante que Dieu existe, et il vous aime, peut importe ce que vous avez pu faire. Il a un plan et un but pour votre vie !

Votre amie, Shelley

Traduction de l'anglais par Claude Lecompte



Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus
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