La preuve par la négativeIl y a, nous le savons, différentes manières de prouver l'existence d'une chose. Si la manière la plus simple est de la montrer, on sait que, suivant le lieu où l'on se trouve, la chose n'est pas toujours possible. Il y a quelques années, un tchadien est venu habiter dans les Vosges. Il avait déjà entendu parler de la neige, mais, pour la première fois, il la vit tomber du ciel. La neige existait depuis toujours, mais dans son contexte, il était quasiment impossible de lui en apporter la preuve physique.
Si l'on ne peut pas apporter la preuve de l'existence d'une chose par la démonstration, il nous reste, certes à un degré moindre, une autre possibilité. C'est de la prouver en quelque sorte par la négative, c'est-à-dire par le fait que, privé d'elle, on se rend en quelque sorte compte de son existence. Telle est, par exemple, la preuve qu'est la mort pour l'existence de la vie. Le mort ne dit rien, ne respire plus, ne communique plus. Quelque part son état témoigne du fait que quelque chose l'a quitté. Ce quelque chose est la vie. Si, quelque part, il existait un univers dans lequel il nous faudrait prouver l'existence de la vie, la vue d'un mort, certes, ne serait peut-être pas suffisante. Mais cette vue, comme le négatif d'un film, recèlerait en elle-même cependant un embryon de preuve. Elle témoignerait de l'état dans lequel un être se trouve lorsqu'il est privé de la vie.
Absence de Dieu
Je ne suis ni le premier, ni le dernier à penser que le monde dans lequel nous vivons, tel un mort, est de façon criante la preuve par la négative de l'existence de Dieu. C'est au philosophe Pascal que l'on attribue le plus souvent cette pensée célèbre : Il y a dans le cœur de tout homme un vide en forme de Dieu. La proposition de Pascal n'est ici pas autre chose qu'une démonstration par la négative.
Avant lui, un autre croyant, Saint Augustin, utilisera dans ses Confessions la même méthode de démonstration. Je vous propose ici d'en méditer un extrait :
" Il se trouve dans les vices mêmes une image obscure, ou plutôt une ombre des biens solides qui trompe les hommes par une fausse apparence de beauté. Ainsi l'orgueil n'a pour but que la grandeur et l'élévation : mais vous seul, mon Dieu, êtes souverainement élevé au-dessus de toutes choses. L'ambition aspire aux honneurs et à la gloire : mais vous seul méritez un honneur suprême et êtes environné de gloire dans l'éternité. La cruauté des tyrans ne tend qu'à se faire craindre : mais qui mérite d'être craint que vous seul, mon Dieu, dont le pouvoir absolu comprend si généralement tous les temps, tous les lieux et toutes les créatures... L'amour infâme se veut rendre agréable par ses caresses : mais il n'y a point de douceur ni de ten

dresse égale à celle de votre amour... La curiosité veut passer pour la science, parce qu'elle désire tout savoir : mais vous seul, mon Dieu, savez tout, et rien n'est caché à votre lumière... La paresse semble ne désirer que le repos : et où se trouve le repos assuré et véritable que dans le Seigneur ? Le luxe et la superfluité veulent passer pour richesse et abondance : mais vous êtes seul la source abondante et inépuisable d'une douceur toute céleste et incorruptible. La profusion veut paraître libérale et magnifique ; mais c'est vous qui répandez toutes sortes de biens sur les hommes avec une libéralité et une magnificence vraiment divines. L'avarice veut posséder de grands trésors : et vous les possédez tous. L'envie dispute de la prééminence et de l'excellence : et qu'y a-t-il d'éminent et de sublime qui ne soit bas en comparaison de vous ?...
Ainsi l'âme devenant adultère se sépare de vous qui êtes son Époux unique pour s'abandonner à l'affection des créatures, et elle s'efforce de trouver hors de vous les biens qu'elle ne peut posséder tout purs et sans mélange que lorsqu'elle retourne à vous. ".
Témoignage
Rien n'est sans doute plus difficile pour le croyant en Jésus-Christ d'établir la preuve qu'il a trouvé, dans la relation spirituelle qu'il a avec Lui, la réponse à toutes ses aspirations. Pour ma part, je pe

ux en témoigner. Je savais ce à quoi mon cœur insatisfait aspirait. Ce que je ne savais pas, c'éta
it où se trouvait la Source à laquelle je devais puiser pour étancher ma soif. Jésus l'a dit à une femme qui avait connu 5 maris et qui vivait en concubinage avec un 6ème homme : " Quiconque boit de cette eau aura encore soif. ". Jésus lui dit en quelque sorte que tout son parcours est la preuve par la négative qu'en-dehors de Dieu, elle ne saurait trouver ce après quoi son cœur soupire. Il lui dit aussi : " Mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura jamais soif. ". En plus de la preuve par la négative, Jésus se présente comme la Source même à travers laquelle ce à quoi son cœur aspire peut avoir accès. Aucun être plus que Jésus n'a démontré de visu ce que cela signifie que d'avoir une vie pleine de sens, de bonheur et de signification. Il est par l'affirmative ce que nos échecs, nos frustrations, nos souffrances sont par la négative : la preuve que c'est en Dieu seul que peuvent être comblées toutes nos aspirations.
Je ne sais ce à quoi, au travers du dédale de vos expériences, vous soupirez, ni ce que vous recherchez. Sachez seulement que tout ce que vous trouverez ne peut être que l'ombre, le négatif de ce que Dieu seul par Jésus-Christ peux vous apporter. " Je suis venu, dit Jésus, pour que mes brebis aient la Vie et qu'elles l'aient en abondance ! ".
Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus